
Aide au suicide : Zurich fait un pas décisif
Avec 68% des voix, les électeurs zurichois ont clairement approuvé le projet visant à autoriser le suicide assisté dans tous les hôpitaux, les cliniques de réadaptation et les établissements médico-sociaux (EMS) du canton. Zurich devient ainsi le premier canton alémanique à imposer cette règle.
Jusqu’ici, les institutions privées et/ou confessionnelles pouvaient interdire le suicide assisté dans leurs murs, ce qui signifie que les personnes intéressées devaient être transférées ailleurs pour avoir droit à cette aide.
Deux exceptions
Quant aux foyers et maisons de retraite publics, ils étaient déjà tenus d’autoriser le suicide assisté depuis 2023. La modification législative adoptée dimanche oblige les institutions privées à faire de même, sur demande des patients ou des résidents. Ne sont pas concernés par l’amendement les cliniques psychiatriques et les prisons.
Rappel des faits : une initiative populaire cantonale pour l’accès au suicide assisté dans tous les établissements de soins et de long séjour a été déposée en 2023, portée par des organisations comme EXIT et Dignitas. Elle a été retirée par le comité d’initiative lorsque le Grand Conseil zurichois a élaboré un contre-projet reprenant l'essentiel de ses revendications, en excluant les cliniques psychiatriques et les prisons. Une minorité du parlement a alors saisi le référendum. À noter qu’il existerait une trentaine d’établissements privés confessionnels opposés au suicide assisté dans le canton de Zurich.
Liberté de conscience
Les milieux chrétiens et conservateurs se sont opposés au texte, en invoquant la liberté de conscience et l’autonomie des institutions. À l'inverse, la majorité du parlement cantonal et la majorité des partis situés à gauche et au centre de l’échiquier politique ont soutenus cette modification. Les électeurs et une nette majorité des communes du canton ont ainsi adhéré au principe de l’autodétermination en fin de vie.
« Sur le plan juridique, la primauté de l'autodétermination est déjà protégée, précise Danièle Bersier, porte-parole de l’association EXIT Deutsche Schweiz, interrogée par mail. En effet, le Tribunal fédéral s'était déjà prononcé à ce sujet il y a dix ans, à la suite d'un recours contre une révision législative dans le canton de Neuchâtel. Il avait alors estimé que la tolérance de l'aide au suicide portait atteinte à la liberté de croyance et de conscience des établissements, mais que cette atteinte n'était pas grave et que le droit à l'autodétermination prévalait. »





